EDITION FRANCAISE (ENGLISH TRANSLATION): Revenir à Venise. Tantôt sur les pas de Giacomo Casanova, libertin charmeur, seul homme, paraît-il, à s’être évadé de la prison des Plombs de la ville marine, tantôt à la recherche de Hugo Pratt, dessinateur, baroudeur et aquarelliste vénitien de cœur, qui fit de sa vie une œuvre graphique iconique et de son héros Corto Maltese, marin mystérieux et aventureux, le guide imaginaire idéal pour se perdre plaisamment dans la Fable de Venise. L’édition originale de Favola di Venezia, roman graphique du dessinateur Hugo Pratt, a été publiée pour la première fois, en huit épisodes, dans l’hebdomadaire italien L’Europeo, du 3 juin au 23 décembre 1977. (VOIR Lettre de Monaco sur l’importance d’explorer et de préserver la Méditerranée)

Revoir la Vénétie, la plus séduisante des régions d’Italie qui offre une palette de richesses exceptionnelles : mer, lac, fleuves, plages, thermes, montagnes, collines, vallées, parcs, cités d’art, ville venete (« villas vénètes »), artisanat et tradition œno-gastronomique d’excellence. Pour mieux saisir l’impact du rayonnement régional, national et international de Venise, quelques escales agrémentent le séjour : Vicence et la magnifique villa La Rotonda, œuvre de l’architecte Palladio qui laissera son empreinte dans d’autres lieux ; Padoue et sa célèbre université où Galilée enseigna et Copernic étudia ;Trévise l’élégante où fut créé le tiramisù, dessert apprécié sous toutes les latitudes ; et Cortina d’Ampezzo, station de sports d’hiver qui organisera avec Milan les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver en 2026. Sans oublier Asolo, l’un des bourgs les plus suggestifs du Bel Paese, terre d’exil de Catherine Cornaro qui fut reine de Chypre, de la divine Eleonora Duse, comédienne et muse du Vate Gabriele D’Annunzio, et de Freya Stark, écrivaine, photographe, voyageuse et diplomate, amie de Churchill, Lawrence d’Arabie et de la reine mère. qui, comme son compatriote et homme de lettres britannique Robert Browning, avait élu domicile dans ce lieu de villégiature enchanteur. 

Cet article fait partie de l’expédition du centenaire multimédia et multipartenaire de WIKI (WIKI’s Centennial Expedition) sur la Méditerranée, les communautés côtières et insulaires et les océans du monde. Doté d’importantes composantes jeunesse et éducatives combinées à une diffusion d’informations crédibles, ce projet se concentre sur les menaces mais aussi sur les solutions innovantes allant du changement climatique et de la conservation au tourisme durable, aux technologies innovantes, à la science et à la préservation du patrimoine culturel avec un financement de démarrage fourni par Sacha et Mathilde Lichine. du Château d’Esclans. Pour plus d’informations et comment soutenir cette initiative à but non lucratif, veuillez consulter:  www.helpsavethemed.org Tous les contenus commandés peuvent être utilisés gratuitement dans l’intérêt public par les médias, les agences internationales et les ONG ainsi que les organisations partenaires, à condition que cité à juste titre. (Voir, par exemple, l’article de Global Insights sur Trieste en tant que ville des sciences)

Parcourir les lieux emblématiques de cette Vénétie qui peut vanter un patrimoine artistique, historique, mémoriel et culturel exceptionnel, est inspirant. Se laisser séduire par le charme du lac de Garde, le romantisme de Vérone, la chaleur du sable à Jesolo, le scintillement de la mer au Lido ou se perdre entre collines, vignes et cimes est grisant. Admirer la beauté d’une nature généreuse est apaisant. Retrouver la saveur de la gastronomie locale ou siroter un cocktail au mythique Harry’s Bar est stimulant. Déguster du bout des doigts un cicchetto dans un bacaro, avaler un caffè ristretto ou corretto au comptoir d’un bar, ou mordre à belles dents dans une tranche de pastèque sous une pergola illuminée au crépuscule sont autant de réminiscences d’adolescence et de vacances. 

Sur les routes vénitiennes

La Vénétie, c’est aussi suivre la Route du Prosecco, de Valdobbiadene à Conegliano, après avoir déjeuné avec les participants de la Centomiglia, course automobile dédiée à des oldtimers racés, avec étapes dans des chais accueillants pour faire honneur aux vins du terroir appréciés jusque dans cette Chine autrefois explorée par le Vénitien Marco Polo. Atteindre ensuite les Dolomites, ces roches calcaires des Préalpes déclarées site du patrimoine mondial par l’UNESCO – dont le plus haut sommet est la Marmolada – pour rejoindre Cortina d’Ampezzo, station de haute montagne prisée du gotha politique et artistique de la Péninsule, permet de mieux comprendre les enjeux de la Vénétie constituée des provinces de Belluno, Padoue, Rovigo, Trévise, Venise, Vérone et Vicence, sur plus de 18 345 km², peuplée de 4 841 193 habitants recensés à fin octobre 2022.

Venise, reine millénaire de l’Adriatique et du bassin méditerranéen, n’est pas en voie de disneylandisation. Elle est vivante et innovante bien que devenue presque inaccessible aux bourses des Vénitiens moyens peinant à trouver où se loger à des prix décents pour cause de location ou vente d’habitations à des visiteurs de passage séduits par son passé glorieux. L’idée que Venise, idéalisée ou fantasmée par les quelque trente millions de touristes qui la visitent chaque année – chiffre estimé avant la pandémie de Covid-19 – puisse être engloutie par la marée haute, émeut. Et prier Saint Marc pour que le MOSE puisse la sauver des eaux est plus qu’un vœu pieux. Le MOSE, Modulo Sperimentale Elettromeccanico, est cette digue dont le système est constitué de vannes flottantes pour isoler préventivement la lagune de la mer Adriatique lorsque la marée haute dépasse le niveau d’alerte de 110 cm.

Inoubliable Vénétie. La comprendre. L’aimer. Et en saisir les subtilités. Comme Rodolfo Bonetto, enseignant et directeur d’établissements scolaires aujourd’hui à la retraite résidant dans la province de Trévise, qui synthétise le propos du livre Venise – La Vénétie est une fable : « Venise est en Vénétie et dans une large mesure elle est la Vénétie ».

Vivre à Venise. Avoir envie de s’y installer ou la quitter pour mieux y revenir. Telle est l’aspiration de nombreux Vénitiens de cœur ou de souche, comme la designer Antonia Sautter, créatrice des somptueux costumes du Ballo del Doge qu’elle organise chaque année pendant le traditionnel carnaval de Venise ; comme Tiziana Lippiello, première femme élue rectrice de la prestigieuse Université Ca’ Foscari ; comme l’anthropologue et réalisateur Elia Romanelli qui vit entre le Lido et Turin. Ces personnalités évoquent, en deuxième partie de mon ouvrage Venise – La Vénétie est une fable,  les points forts, les défis et les difficultés que Venise et la Vénétie, région distinguée à plusieurs reprises par l’UNESCO, doivent affronter.

Dans cette ville, des choses incroyables arrivent, affirme Corto Maltese en s’éclipsant des pages de la Fable de Venise dessinée par Hugo Pratt. Et lorsque le séduisant marin fait un signe de la main, comment ne pas le suivre…

La tentation de Venise. Comme le titre du livre de l’ancien Premier ministre français Alain Juppé (éditions Grasset, 1993). Dans un bref entretien avec Global Geneva, lors de son dialogue avec Richard Werly, dans le cadre de Convergences, le cercle fondé par Colette Cellerin en novembre 2023, Alain Juppé avait déclaré: « Quand j’ai découvert Venise, ville extraordinaire, j’ai eu un coup de foudre. Chaque fois que j’y reviens, je ressens la même émotion devant cette beauté un peu irréelle. Ce décor unique au monde. C’est une fuite, une fugue, mais ce n’est pas une fuite définitive, puisque j’en reviens ».

Venise, d’hier et d’aujourd’hui. Cité des Doges inoubliable qui était au Moyen-Âge une grande puissance commerciales allant de l’Adriatique à la Méditerranée, sans oublier la mer Noire. Sise au cœur de la circulation maritime la plus vaste à l’époque de son faste, la Serenissima Repubblica di Venezia avait bâti son indépendance et sa puissance économique grâce au commerce maritime florissant transportant notamment soieries, perles et épices. Renommée aussi grâce à la finance età ses institutions aristocratiques stables sur près de mille ans. Les marchands vénitiens étaient un trait d’union entre les mondes chrétien et arabo-musulman.

« Le 12 mai 1797, l’illusion de cette permanence mythique s’évanouit quand, dans un ultime acte de souveraineté et sans la moindre résistance, la noblesse qui composait le Grand Conseil vota, sous la menace de Bonaparte, l’abolition des institutions qui régissaient la cité-État depuis le Moyen Âge, se livrant ainsi, selon la formule de l’écrivain Ippolito Nievo, au gran matricio (« grand matricide »), peut-on lire sur le site du mensuel L’Histoire, de mars 2017. 

Et le texte de poursuivre : « À l’heure de signer la paix avec l’Autriche au traité de Campoformio en octobre 1797, Bonaparte céda toute la Vénétie, Venise incluse, à la Maison de Habsbourg, mettant officiellement fin à l’indépendance d’un État « que l’intérêt vendit au despotisme », selon la formule du poète italien Ugo Foscolo figurant dans son roman autobiographique, Les dernières lettres de Jacopo Ortis, écrit en 1798.

« Occupée alternativement par les Français et les Autrichiens, entre 1797 et 1866, date à laquelle elle est rattachée au royaume d’Italie, la cité, « vendue et revendue ainsi qu’un ballot de ses anciennes marchandises » comme l’écrivit Chateaubriand, devint au dix-neuvième siècle le lieu d’élection des chantres de la décadence, de la méditation sur le temps, sur la fin des civilisations, sur la mort qui triomphe de l’histoire ». Pour entrer dans la légende qui a fait son immortalité. Et un désir de Méditerranée.

À lire: Venise – La Vénétie est une fable, par Luisa Ballin, lauréat du Prix Méditerranée de l’essai 2024.  

Livre paru dans la collection L’âme des peuples des éditions Nevicata à Bruxelles. Dirigée par le journaliste franco-suisse Richard Werly, L’âme des peuples, qu’il a cofondée avec l’éditeur belge Paul-Erik Mondron, fête dix ans d’activités et 80 titres parus.

Présentations du livre et dédicaces

Paris :

Jeudi 23 mai, à 19h00, librairie Voyageurs du Monde, 48, Rue Sainte-Anne, 75002 Paris.

Jeudi 13 juin, à 19h00, librairie L’écume des pages, 174 Bd Saint-Germain, 70006 Paris.

Genève :

Samedi 8 et dimanche 9 juin, Festival du livre LAC, Collonge-Bellerive

Luisa Ballin est une journaliste italo-suisse accréditée à l’ONU, correspondante du magazine Global Geneva/Italo-Swiss journalist Luisa Ballin is a contributing editor of Global Geneva magazine.

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