L’église de San Giovanni Battista à Mogno/The church of San Giovanni Battista in Mogno.(Photo: Enrico Cano)

« Pour comprendre Mario Botta, il est primordial de visiter sa ville natale et de voir les bâtiments qu’il y a construits », affirme Annarosa Capelli, guide auprès de Mendrisiotto Turismo. Elle évoque le talent, la gentillesse et la modestie de cet architecte tessinois de renommée mondiale. Déambuler dans les rues du Borgo de Mendrisio, le centre historique parfaitement conservé, invite à s’imprégner de l’ambiance dans laquelle son citoyen le plus illustre a baigné. Palazzi, églises, maisons typiques aux toits de briques, ruelles étroites et portes qui s’entrouvrent sur de magnifiques cours intérieures illustrent une variété de styles allant du roman au néo-classique, en passant par le baroque et le rococo, sans oublier l’harmonie entre touches palladienne et coloniale de la majestueuse Villa Argentina, située en face de l’Académie d’architecture dont Mario Botta et Aurelio Galfetti ont été les inspirateurs. Avec, comme gardienne de l’entrée, une gigantesque sculpture de Niki de Saint-Phalle.

La première partie de cet article a été publiée par Global Geneva en français et en anglais en août 2020.

Edition Française. Global Geneva is including French-language articles on ‘international Geneva’ themes as part of its worldwide outreach to Francophone audiences. (Part I of this article was published in French and in English in August, 2020. An English-language version of Part II will be published soon). A reminder: our content is available free worldwide in the public interest. If you like what we do, please become a Support Member of Global Geneva Group, our Swiss non-profit association, or DONATE.

Tout en contant l’histoire de Mendrisio, « bourg magnifique » au passé illustre, Annarosa Capelli détaille l’une des premières constructions signées Mario Botta : le Piazzale alla Valle, complexe constitué de magasins, bureaux, appartements, bars, restaurants et où les habitants se retrouvent lors de manifestations publiques telles que le marché de Noël.

Autre halte incontournable à Mendrisio devant la maison de Mario Botta, ancienne filature qu’il a restructurée et dans laquelle il habite avec son épouse. Au XIXe siècle, les imprimeries, les fonderies et surtout les usines de filature fleurissaient. Elles étaient précieuses pour l’économie du Mendrisiotto, région située au Sud de la Suisse, à la frontière avec l’Italie, qui reste une zone de transit commercial et touristique importante. Au XXe siècle, les usines se déplaceront à proximité de la gare, puis à partir des années 1960, dans la plaine de San Martino vers les axes de circulation que sont le chemin de fer, arrivé en 1874 avec les machines à vapeur de la société Gottardbahn, la route cantonale et l’autoroute, ouverte en décembre 1966.

Façade du Casa Croci, Musée des Transparents Casa Croci à Mendrisio/Frontal view of the 19th century Casa Croci, which houses the Mendrisio Illuminated Paintings Museum. (Photo: Luisa Ballin)

Spécialités œno-gastronomiques et Musée des Transparents

La région du Mendrisiotto est aussi appréciée pour ses spécialités œno-gastronomiques. Visiteurs promeneurs et adeptes du VTT peuvent se sustenter et se désaltérer dans des grotti pittoresques, ces auberges traditionnelles du Tessin où il fait bon s’arrêter. La ville natale de Mario Botta offre par ailleurs un lieu unique à découvrir : le Museo del Trasparente Casa Croci, élégant petit palais du XIXe siècle, premier espace d’exposition dédié à un patrimoine artistique et historique de la région que sont les transparents. Cette tradition séculaire vivante a incité la Confédération suisse à désigner ces fleurons des Processions historiques de la Semaine sainte, candidats à la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

Le site de Ticino Turismo indique que les transparents, lumineux tableaux nocturnes, sont apparus vers 1790 à l’initiative du frère de Mendrisio Antonio Maria Baroffio (1732-1798) de l’ordre des Servites de Marie. Œuvres du peintre de Rovio Giovanni Battista Bagutti (1742-1823), les transparents constituent un exemple unique de symbiose entre culture des Lumières et tradition baroque de décors éphémères. Le Musée Casa Croci permet de découvrir ces objets précieux : lampions, instruments évoquant la Passion du Christ, voiles, lésènes (bandes verticales de faible relief enchâssés dans un mur), balcons, petits temples et piliers de l’une des dix grandes portes. Ces cadres nocturnes éclairent et décorent l’itinéraire des Processions du jeudi et du vendredi saint dans l’ancien bourg de Mendrisio. Les transparents font partie intégrante d’une tradition populaire profondément ancrée. Les jours de Processions, ils attirent des dizaines de milliers de visiteurs provenant de tout le Tessin et de nombreux pays, séduits par la beauté de ces célébrations ancestrales.

The Bechtler Museum of Modern Art in Charlotte, North Carolina, is a 36,500-square-foot museum space dedicated to the exhibition of mid-20th-century modern art and designed by architect Mario Botta. (Photo: Courtesy of the museum)

Dans l’antre de création de Mario Botta

Privé temporairement de voyages pour cause de pandémie du coronavirus, Mario Botta a reçu Global Geneva dans le long bâtiment qu’il a construit non loin de la gare pour abriter l’agence qu’il dirige. Cet artiste de l’architecture, né le 1er avril 1943 à Mendrisio, a quitté l’école à 15 ans pour un apprentissage de dessinateur en bâtiment de trois ans dans le cabinet des architectes Luigi Camenisch et Tita Carloni à Lugano. Fort de cette expérience, il reprendra ses études et se rendra à Venise y étudier l’architecture, avec pour maîtres Le Corbusier et Carlo Scarpa. En 1961, il conçoit sa première construction, le presbytère de Genestrerio, village de son enfance. En 1969, il obtiendra son diplôme d’architecture à l’IUAV de Venise et travaillera dans l’atelier de l’architecte et dessinateur le plus influent et le plus innovant du XXe siècle : Le Corbusier.

Mario Botta (Photo: Agence Mario Botta Architetti)

Affable, resté humble malgré le prestige mondial dont il jouit et les nombreux projets qui l’occupent, Mario Botta donne volontiers de son temps. « Je suis un fils de la campagne. La reconnaissance obtenue par mon travail ne change rien », déclare en souriant l’homme aux lunettes rondes et aux boucles de neige.

Fiore di pietra (Fleur de pierre) de Mario Botta sur le Monte Generoso, située à 1704 mètres d’altitude au Ticino/The Stone Flower viewing point by Mario Botta on Mount Generoso situated at 1,704 metres altitude in the Italian-speaking Canton of Ticino. Monte Generoso is situated in the heart of a nature reserve. The building houses two restaurants and a conference centre with incredible mountain views. (Photo: Luisa Ballin)

Nul n’est prophète en son pays dit l’adage. Si son talent semble être davantage reconnu sur le plan international que dans sa patrie, Mario Botta ne s’en formalise pas. « C’est sans doute juste qu’il en soit ainsi. La Suisse est un pays un peu étrange. Elle a eu de grands personnages, envers lesquels elle a été sévère. Je pense à Alberto Giacometti qui a exposé sur le Pavillon français à la Biennale de Venise, à Friedrich Dürrenmatt, à Le Corbusier, né à La Chaux-de-Fonds et qui a pris la nationalité française. En Italie, pays dont je me sens culturellement proche, je note une plus grande attention pour les formes de travail spirituel. En Suisse, nous sommes calvinistes, mais la valeur spirituelle n’y est pas célébrée. Un des dangers pour la Suisse est que tout devienne business, comme aux Etats-Unis, qui est le pire de ce que l’on peut voir ».

Façade de la maison où vit Mario Botta/Frontal view of the house where Mario Botta lives. (Photo: Luisa Ballin)

Le bâtisseur de nombreux édifices religieux, dont la très originale église Saint-Jean Baptiste à Mogno dans la vallée tessinoise de la Maggia, le reconnait : « Je suis un peu critique envers mon pays. Je l’apprécie, ainsi que l’Italie, et j’aime aussi l’Amérique latine et les pays pauvres, qui sont dotés d’une grande force identitaire, ce qui constitue une richesse. En Suisse, l’identité passe par les banques. J’y perçois un malaise, une limite, une contradiction. Nous jouissons d’un bien-être matériel, mais on ne peut pas tout mesurer à l’aune de la richesse financière. L’opulence de la Suisse embrume les consciences. Notre pays fait preuve d’inattention. Cela me dérange de voir qu’il y a toujours ce palier de la richesse qui sépare des communautés les plus pauvres ».

Intérieur de l’église de San Giovanni Battista à Mogno (Saint-Jean Baptiste) à Mogno dans la vallée tessinoise de la Maggia/Interior of the church San Giovanni Battista (St John the Baptist) in Mogno in the Ticino valley of Maggia. (Photo: Pino Musi)

Après avoir commencé sa formation en 1958 et ouvert en 1970 son bureau d’architectes à Lugano, qu’il transfèrera en 2011 à Mendrisio, Mario Botta entame une carrière internationale et crée des œuvres emblématiques qui marqueront l’histoire de l’architecture. Il mène aussi de front séminaires, conférences et enseignement, notamment dans des Hautes écoles d’architecture comme l’Ecole polytechnique fédérale à Lausanne (EPFL) et à la Yale School of Architecture. En 1996, il cofonde, avec son confrère Aurelio Galfetti, la Faculté d’architecture à l’Université de la Suisse italienne à Mendrisio, où il enseigne. Mario Botta y construira ensuite le Théâtre de l’architecture inauguré en 2018.

Nouveau bâtiment de la bibliothèque de l’Université Tsinghua à Pékin conçu par Mario Botta./New building of the Library at Tsinghua University in Beijing designed by Mario Botta.

En 1995, la reconnaissance internationale est au rendez-vous avec deux constructions emblématiques : la cathédrale d’Évry et le Musée d’art moderne à San Francisco. Lauréat du Prix européen pour la culture, Mario Botta bâtit, en 1998, la synagogue Cymbalista et le Centre du patrimoine juif à Tel Aviv. En 2003 Il remporte le concours pour la construction d’un musée sur le campus de l’Université de Pékin qui sera inauguré en 2016.

Autres temps fort de la carrière de l’architecte tessinois : l’inauguration, en 2004, de l’extension de la Scala de Milan, après celle qu’il avait signée en 2000 à Neuchâtel du Centre Friedrich Dürrenmatt, prolongement de la villa où l’écrivain bernois, né en 1921, peindra, écrira et vivra avec sa famille jusqu’à son décès en 1990.

Théâtre de l’architecture à Mendrisio/The Theatre for Architecture in Mendrisio. (Photo: Luisa Ballin)

Spirituel, visionnaire et rebelle

Mario Botta continue de construire des édifices sacrés, notamment une vaste église à Séoul en Corée du Sud et une plus petite à San Buscetto, entre Pescara et Chieti en Italie. Il travaille en outre à l’édification d’une mosquée à Yinchuan, en Chine. « Je pense que la spiritualité dans mon travail ne se manifeste pas seulement dans les dix édifices sacrés que j’ai construits. L’architecture comporte l’idée du sacré, parce qu’elle transforme une condition de nature en une condition de culture. Et donc en un travail où il est nécessaire d’avoir des valeurs, pour transformer la nature en culture. Il y a une spiritualité religieuse et une spiritualité laïque. Chacun de nous, dans son travail, possède une forme de spiritualité qui n’est pas nécessairement cléricale ou religieuse », explique-t-il.

Maisons familiales, églises, synagogue, mosquée, musées, centre sportif, bains thermaux, écoles, bibliothèques, théâtres. Comment Mario Botta choisit-il ses projets ? « Je ne choisis pas ! L’architecte ne choisis pas ce qu’il va construire. Il gagne un concours ou on lui donne un mandat pour construire une maison, une école, un hôtel. Il faut chaque fois s’adapter à cette flexibilité des thèmes, qui est aussi une richesse », répond-il.

Outre ses nombreux bâtiments religieux, Mario Botta a aussi transformé la prestigieuse Fondation Bodmer à Genève, lieu qu’il conseille de visiter pour sa collection fabuleuse de manuscrits et d’incunables.« La Fondation Bodmer est un trésor de l’humanité pour les pièces dont elle dispose. Elle est précieuse parce que sa dimension n’est pas seulement celle d’un grand musée, mais la recherche des origines de la culture voulue par Martin Bodmer. J’ai notamment admiré à la Fondation Bodmer un portrait de Dante Alighieri peint par Botticelli ! ».

Homme de son temps, Mario Botta ne cache pas ses critiques face aux dérives de la mondialisation de l’économie et de la finance. Aurait-il l’esprit révolutionnaire ou un peu rebelle ? « Je ne me définirais pas comme un révolutionnaire. Les révolutionnaires agissaient du temps où l’idéologie pouvait avoir le dessus. Rebelle ? Oui, cela ne me déplairait pas d’être un peu rebelle par rapport à la respectabilité, au nivellement vers le bas, au fait d’aplanir chaque conflit. Aujourd’hui, on ne nous permet pas de niveler vers le haut. Il faut lisser. Chacun de nous cherche à bien faire, mais le marché ne veut pas de la chose bien faite, le marché veut ce qui fait vendre. Ces deux données ne coïncident pas toujours. Chacun de nous doit vivre avec ses contradictions. Je suis reconnaissant à cette société qui me permet de vivre assez bien. Mais il faut également réfléchir aux valeurs fondamentales car autrement tout se dilue. C’est aussi valable pour la politique, qui a besoin d’être stimulée constamment ».

Un peu rebelle. Et visionnaire, Mario Botta. Comme l’étais l’un de ses maîtres, Le Corbusier. « La force du Corbu est d’avoir transformé l’histoire de la vie en histoire de l’architecture ! Il a notamment conçu la Villa Turque à La Chaux-de-Fonds, où j’ai dormi, puis, après la guerre, il a créé l’unité d’habitation et construit Chandigarh en Inde. Il prenait les éléments de la vie réelle et interprétait l’histoire de son temps pour la transformer en architecture. C’est impressionnant ! ».

Académie de l’architecture à Mendrisio/Architecture Academy in Mendrisio. (Photo: Luisa Ballin)

Une exposition de dessins de Le Corbusier à Mendrisio

Mario Botta est heureux d’annoncer un événement qui lui tient à cœur : « Le 19 septembre, nous ouvrirons, ici à Mendrisio, une exposition de dessins de jeunesse de Charles-Edouard Jeanneret-Gris dit Le Corbusier, de sa période créative dans sa ville natale de La Chaux-de-Fonds, allant de 1902 à 1916. Elle se tiendra dans le campus de l’Académie d’architecture et plus précisément dans le Théâtre de l’architecture que j’ai construit. Le catalogue de l’exposition sera signé par Danièle Pauly, pour le compte de la Fondation Le Corbusier ». 

Des croquis de Le Corbusier à l’Académie d’architecture voulue par Mario Botta, la transmission du savoir des grands maîtres aux jeunes aspirants architectes se fait naturellement. Mario Botta ne travaille pas seulement avec ses deux fils et sa fille, tous architecte, il transmet à ses étudiants sa passion pour l’architecture. « Le matériel que vous avez devant vous sur cette table fait partie d’une histoire de l’Académie que je prépare. Parce qu’ici aussi, au Tessin, il y a un manque d’attention. Si vous demandez à une personne, y compris à des dirigeants politiques, ce qu’est l’Académie de Mendrisio, ils ne le savent pas ! Nous vivons dans un monde d’ignorance ! Nous avons des étudiants qui viennent de 54 pays, mais les Tessinois ne s’en rendent pas compte », confie-t-il.

Dessiner. Créer. Bâtir. Pour se souvenir. De sa jeunesse aussi, qui lui a donné l’élan pour construire l’un de ses plus beaux bâtiments : Fiore di pietra, sur le Monte Generoso. Une Fleur de pierre qui lui est chère. « Le Monte Generoso est un peu ma montagne. Je l’ai toujours aimée. Lorsque j’étais adolescent, j’y allais avec mes amis dès l’aube, pour admirer de là-haut le lever du soleil. Elle signifiait l’ouverture vers Milan, la plaine du Pô, la Méditerranée. C’est la dernière montagne des Préalpes, avec une position stratégique entre le monde des Alpes et celui de la Méditerranée. Lorsque l’on m’a demandé de construire là-haut, où il y avait un vieil hôtel, je l’ai fait volontiers. C’était comme retourner à mon enfance, puisque j’habitais la campagne alentours, dans le village de Genestrerio », s’épanche l’architecte universel.

Fiore di pietra est bien plus qu’une construction architecturale pour son auteur. « C’est un fait affectif, culturel lié à la condition de frontière que je considère être un privilège par rapport à l’urbanité d’une ville. De là-haut, je sens le parfum de la Méditerranée. Prendre possession de la montagne était une manière de faire en sorte que les roches deviennent les murs de cette structure qui emmène le visiteur en hauteur, d’où l’on peut apercevoir la Madonnina du Dôme de Milan par beau temps ».

En la voyant de nuit, la Fleur de pierre de Mario Botta ressemble à un vaisseau spatial, comme si elle était un lien entre la terre et le reste de l’univers. « Cette conception extraordinaire n’est pas seulement due à ses deux restaurants superposés (gérés par Migros, ndlr). Lorsque vous êtes sur la terrasse, vous voyez d’un côté les Alpes et de l’autre côté les prés qui filent vers la Méditerranée. En été, avec les nuits étoilées, il émane de Fiore di pietra un charme infini », reconnait-il.

Le livre que Mario Botta prépare pour les générations futures sur l’Académie d’architecture rend aussi hommage à une génération. « J’ai été le moteur de l’Académie d’architecture où sont passés des lauréats du Prix Nobel et du Prix Pritzker, des scientifiques, des personnalités de haut rang qui ne savaient pas où se trouvait Mendrisio. Ce livre montre que ces personnes éminentes reconnaissent que cette initiative représente la conscience critique du fait architectural. Elle les a rassemblées autour de cet athénée et des centaines d’entre elles ont apporté leur contribution pour faire rayonner l’Académie d’architecture. Ce qui y a été fait en vingt ans est incroyable ! C’est le mérite d’une partie de notre génération qui se reconnaissait dans les idéaux que cette académie continue de prôner : une discipline non plus seulement technique mais humaniste qui remet l’Homme au centre de l’espace », souligne-t-il.

Que dirait Mario Botta à une petite Stella de dix ans qui souhaite devenir architecte ? « Je lui conseillerais de bien y réfléchir ! L’architecture est un métier très dur qui, comme nous le vivons et comme l’ont vécu nos maestri, est une forme d’héroïsme. Tout comme l’était le processus de création de Giacometti. L’obsession du visage de la mère, de la femme, du dessin parfait est la recherche de toute une vie. Ceux qui ont l’exigence du plus haut niveau doivent travailler dur parce que ce monde est fait pour ceux qui consomment et non pas pour ceux qui créent et qui produisent ».

L’un des plus anciens chemins de fer

Découvrir la Fleur de pierre de Mario Botta sur le Monte Generoso, situé à 1704 mètres d’altitude, est un moment inoubliable. Cette excursion peut se faire à pied ou en empruntant, depuis la gare de Capolago, le chemin de fer du Monte Generoso, l’un des plus anciens chemins de fer à crémaillère de Suisse, qui appartient à Migros depuis 1941. « Sa préservation est due à l’engagement personnel du fondateur de Migros, Gottlieb Duttweiler. Aujourd’hui, le Pour-cent culturel Migros soutient le chemin de fer à crémaillère et la structure Fleur de pierre », précise Viviana Carfi, responsable Médias et relations publiques à la Ferrovia Monte Generoso SA.

Les voyageurs adeptes de la lenteur propice au regard porté au loin prendront le train à vapeur construit en 1890 – le plus ancien de Suisse encore en circulation-, pour goûter à l’atmosphère de la Belle Epoque, ou le train plus moderne à crémaillère, datant de 1950, sur les neuf kilomètres d’une immersion dans la nature. Une fois parvenu au sommet du Monte Generoso, un panorama à 360 degrés, l’un des plus fascinants de Suisse, permet de contempler un territoire qui s’étend de la région des Lacs de Lugano, de Côme, de Varèse et Majeur à la plaine du Pô avec Milan ; des Apennins à la chaîne alpine ; du Grand Paradis au Mont Rose ; du Cervin à la Jungfrau et du massif du Gothard à la chaîne de la Bernina.

Après avoir fait le tour de la terrasse panoramique, place au déjeuner qui peut se déguster en mode pique-nique dans l’espace réservé à cet effet, ou en choisissant le self-service, et mieux encore en s’installant dans le restaurant gastronomique, dont le mobilier et le décor ont aussi été pensés par Mario Botta. Le fin gourmet peut ainsi admirer un paysage différent à chaque table, grâce aux larges fenêtres qui vont du sol au plafond.

Puis, à l’heure de la digestion, quelques pas suffiront pour atteindre le petit observatoire où Massimo Zoggia et d’autres bénévoles partagent volontiers leur savoir et leur passion pour scruter les mystères du ciel et des constellations. Avant une pause méditation dans la charmante chapelle de la Madonna della Providenza, restaurée récemment par le consortium Chemin de fer du Monte Generoso, grâce au produit de la vente des 441 poteaux de l’ancienne voie ferrée datant de 1890, disséminés le long du parcours entre Capolago et le sommet du Monte Generoso.

Un sentier invite ensuite à la découverte des onze nevere du Monte Generoso. Comme le rappelle Viviana Carfi, « les nevere sont les précurseurs des frigos modernes. Ces constructions cylindriques en pierre, d’origine paysanne, étaient conçues pour conserver le lait au frais avant la fabrication du beurre et du fromage ». Et après cette ballade salutaire sur l’alpage, une halte chez Marisa Clericetti est l’occasion d’une dégustation de fromages frais et autres spécialités du Mendrisiotto.

Ce reportage a bénéficié du soutien de Ticino Turismo, de Suisse Tourisme et de Mendrisiotto Turismo.

Luisa Ballin est une journaliste Italo-suisse qui collabore régulièrement avec le magazine Global Geneva. 

Italo-Swiss journalist Luisa Ballin is a contributing editor of Global Geneva magazine.

La première partie de ce reportage sur le Tessin sera publiée à la mi-août. Elle fera la part 

Liens:

https://www.montegeneroso.ch/fr/monte-generoso/fiore-di-pietra
www.processionimendrisio.ch

www.mendrisiottoturismo.ch

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