Ascona, écrin enchanteur de la Dolce vita sur la rive suisse du Lac Majeur (Photo: Ticino Turismo)

La pandémie du coronavirus et la crainte d’un nouveau confinement transfrontalier ont convaincu nombre d’habitants de différentes régions suisses de se rendre au Tessin, canton italophone qui accueille les visiteurs à bras ouverts. Les responsables touristiques et les hôteliers font cette année un effort particulier pour séduire les visiteurs en proposant excursions et logements à prix intéressants. Le Ticino Ticket, que l’on obtient à l’hôtel, dans une auberge de jeunesse ou au camping, offre par ailleurs la gratuité dans les transports publics ainsi que des réductions sur les remontées mécaniques, les croisières dans les bassins tessinois et les principales attractions touristiques.

Locarno est une localité de départ idéale pour partir à la découverte de lieux attachants qu’offre le Tessin. Flâner, dîner ou prendre un café sur une terrasse de la Piazza Grande, qui se métamorphose les soirs de festival d’été en plus belle salle de cinéma à ciel ouvert d’Europe, est un moment de détente pour bien commencer la journée ou la terminer en beauté. Faire escale à l’Aparthotel Al Lago ou à l’hôtel H4 Arcadia Locarno, situés au bord du lac Majeur, sur la promenade de l’embarcadère à quelques minutes du Lido et de la gare, permet de planifier les excursions du jour ou de se prélasser, seul, à deux ou en famille, au bord de leurs piscines, l’une dans un jardin méditerranéen, l’autre près de la terrasse avec petit parc de jeux pour enfants.

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Le cœur historique de Locarno se visite à pied ou grâce au petit train bleu qui serpente à travers les ruelles de la vieille ville. Une sortie en bateau pour voguer vers les îles de Brissago, formant le parc botanique du Tessin riche de plus de 1500 d’espèces végétales, est un moment relaxant. Sur la Grande île, la baronne de Saint-Léger avait, en 1855, fait de sa demeure un lieu de rencontres invitant peintres, sculpteurs, musiciens et écrivains. De nos jours, ce jardin luxuriant permet aux adultes d’admirer palmiers, bananiers, bambous, figuiers, azalées, camélias et magnolias et aux enfants de se lancer dans une chasse au trésor passionnante.

En 1927, le nouveau propriétaire de cette belle île du Lac Majeur, le commerçant hambourgeois Max Emden y fit construire une élégante villa avec darse et bain romain, devenue un hôtel disposant d’un restaurant et d’une terrasse. Les chambres avec vue donnent sur un paysage méditerranéen, avec accès direct à la plage.

Si les amoureux du septième art déplorent le fait que la 73e édition du Locarno Film Festival n’ait pas lieu physiquement, Covid-19 oblige, la plus importante manifestation cinématographique suisse de renommée internationale a été repensée cet été. Des concours et des projections de long-métrages seront organisés du 5 au 15 août 2020. Sa directrice artistique Lili Hinstin et son président Marco Solari proposent une initiative visant à continuer de soutenir le cinéma d’auteur indépendant (lire entretiens ci-dessous), afin que les spectateurs puissent découvrir les œuvres de cinéastes de talent, comme ce fut le cas pour les films de réalisateurs entrés dans la légende du cinéma tels Marco Bellocchio, Stanley Kubrick, Claude Chabrol, Raoul Ruiz, Ken Loach, Abbas Kiarostami, Alice Rohrwacher ou Spike Lee.

Par ailleurs, le Locarno Film Festival et l’Université de la Suisse italienne vont créer conjointement, à Lugano, en 2021, une chaire de cinéma et arts visuels, consacrée à la réflexion théorique sur l’avenir du cinéma et des festivals.

Directrice artistique Lili Hinstin du 73e édition du Locarno Film Festival/Lili Hinstin, artistic director of the Locarno Film Festival. (Photo: Locarno Film Festival)

Ascona, antre tessinois de la Dolce vita

À quelques kilomètres de Locarno, Ascona continue de séduire les visiteurs venus de toute l’Europe et d’autres continentes. Outre les terrasses des cafés et restaurants qui bordent la rive suisse du lac Majeur, les ruelles en pente douce d’Ascona permettent de chiner dans d’élégantes boutiques et invitent à une pause pour se sustenter sous la pergola d’un grotto ou autres lieux de charme, après avoir déambulé dans le quartier historique de Borgo concentré autour de l’église San Pietro et Paolo, une basilique à colonnes du 16e siècle dont le campanile est l’emblème d’Ascona.

Antre chic de culture et de villégiature, Ascona vante en outre le Teatro San Materno, seul théâtre européen conservé de l’époque Bauhaus, construit entre 1927-28 par l’architecte Carl Weidemeyer.

Depuis Ascona, le randonneur peut gravir quelques centaines de mètres pour parvenir à la colline nommée depuis 1900 Monte Verità, Montagne de la Vérité.

Vue d’un lac au Tessin, canton suisse italophone/Lake view in Switzerland’s Italian-speaking Ticino (Tessin) region. (Photo: Luisa Ballin)

Pour Kaj Noschis, auteur du passionnant petit ouvrage Monte Verità, Ascona et le génie du lieu (Arts & Culture, Collection Le Savoir Suisse, 2011 et 2017), « à l’aurore du 20e siècle une équipe de cinq jeunes gens découvrit ce lieu après avoir accompli le tour des lacs du Nord de l’Italie à pied, en sandales et en toges de coton écru, passionnés par le projet de se lancer dans une vie nouvelle et cherchant où construire leurs utopies ». Le retour à la Terre-Mère, à son respect et à son écoute exerça un attrait extraordinaire sur ces jeunes, naturistes, végétariens, réformateurs de vie, hippies avant l’heure et femmes luttant pour se libérer du machisme et du patriarcat.

Les fondateurs et fondatrices de la colonie du Monte Verità accueilleront des personnalités éminentes tels l’écrivain et Prix Nobel de Littérature Hermann Hess, l’historien des religions Mircea Eliade, le psychanalyste Carl Gustav Jung, le chorégraphe Rudolf Laban, la danseuse Isadora Duncan, Olga Froebe-Kapteyn, âme des Rencontres d’Eranos, et le baron allemand Eduard von der Heydt, banquier et collectionneur d’art, avant-dernier propriétaire de cette colline dotée d’un pôle magnétique de convergence d’idées, de tendances et d’expériences dues à des personnages historiques.

Iles de Brissago. L’élégante Villa Emden est un hôtel-restaurant avec terrasse et dont les chambres ont un accès direct à la plage. (Photo: Luisa Ballin)   

La renommée de Locarno-Ascona et de toute la rive du lac Majeur comme terre d’accueil pour révolutionnaires, anarchistes et réfugiés, dont de nombreux Juifs fuyant les persécutions, est également due à la présence de Friedrich Nietzsche, âgé de 27 ans, qui acheva à Ascona la rédaction de La naissance de la tragédie, et à l’anarchiste libertaire Mikhaïl Bakounine, arrivé de Genève en 1869, qui vivra ses dernières cinq années entre Locarno et Lugano, après son évasion d’une prison russe.

« Beaucoup de gens du Nord de l’Europe, et de l’Allemagne en particulier ont – bien avant 1900 et bien après – témoigné qu’ils avaient éprouvé des expériences fortes et singulières en ce site baigné de soleil, qui représente l’arrivée au Sud, où l’on débouche après avoir passé les Alpes et le Gothard. Le tunnel ferroviaire fut ouvert en 1881 et le tunnel du Simplon inauguré en 1906. D’autres visiteurs étaient transportés par bateau à vapeur venant des îles Borromées le long des côtes italiennes du lac Majeur », écrit Kaj Noschis, qui évoque un environnement tolérant, où gens d’églises, artistes anarchistes et citoyens asconiens apprirent à vivre au fil de maints arrangements.

Aujourd’hui, le voyageur souhaitant consulter photos, ouvrages et archives a tout loisir de le faire en visitant la Casa Anatta, où il peut également visionner une vidéo retraçant l’épopée du Monte Verità, cœur d’une expérience avant-gardiste unique dans les annales culturelles de l’Europe. Avant de m’accompagner à Ronco sopra Ascona, appelé « le balcon sur le lac Majeur », Yanica Gisler, guide de Ascona et Locarno Turismo, m’invite à déguster une glace au thé vert à la Maison du Thé nichée sur le Monte Verità, après avoir visité une exposition dans une salle de l’hôtel Bauhaus réalisé en 1927-29 par l’architecte Emil Fahrenkamp, pour le compte du baron von der Heydt.

Castelgrande à Bellinzona dans le Tessin – un exemple extraordinaire de structure défensive de la fin du Moyen Âge. The Castelgranda of Bellinzona in the Tessin, an extraordinary example of a defense structure from the end of the Middle Ages. (Photo: Office du Tourisme du Tessin)

Les châteaux de Bellinzona, patrimoine de l’humanité

Pour les adultes férus d’histoire et les enfants rêvant de visiter un château-fort, direction Bellinzona, chef-lieu du Tessin. « Le complexe fortifié de Bellinzona est un exemple extraordinaire de structure défensive de la fin du Moyen Âge, situé en un point stratégique clé de la traversée des Alpes. Les châteaux de Bellinzona comptent parmi les plus admirables exemples d’architecture fortifiée médiévale dans les Alpes ». C’est avec ces mots que les trois châteaux de Bellinzona, les murs d’enceinte et la grande muraille, ont été inscrits au prestigieux patrimoine mondial de l’UNESCO, le 30 novembre 2000.

La visite des châteaux de Castelgrande (dont l’aspect actuel résulte des restaurations entre 1984 et 1991, dirigées par l’architecte Aurelio Galfetti, complice de Mario Botta lors de la création de l’Académie d’architecture à Mendrisio), puis de Montebello et Sasso Corbaro permet de mieux saisir pourquoi ces forteresses furent édifiées. Ces châteaux imposants contrôlaient le passage de la vallée du Tessin, l’accès aux cols alpins et les échanges commerciaux en provenance et en direction du Gothard. Une pause déjeuner au grotto San Michele, sis dans les murs de Castelgrande, est ensuite l’occasion de déguster fleurs de courgettes farcies à la ricotta ou la Godena del mezzogiorno, un business lunch créé chaque jour avec des produits frais de saison.

« Le Locarno Film Festival allie exigence intellectuelle et plaisir des sens »

Le Festival International du Film de Locarno, fondé en 1946, est une institution en Suisse. Sa directrice artistique Lili Hinstin et son président Marco Solari, ancien directeur de l’Office du Tourisme du Tessin, expliquent à Global Geneva l’importance de ce rendez-vous incontournable pour le public de cinéphiles, les réalisateurs et réalisatrices, les acteurs et actrices ainsi que pour les professionnels de la branche et la classe politique suisse.

« Pour moi qui l’ai fréquenté en tant que spectatrice et professionnelle pendant des années, le Festival du Film de Locarno se caractérise par un mélange d’atmosphère unique : une mobilisation des sens forte et agréable et le côté convivial d’un festival d’été avec en plus le lac, la montagne et la Piazza Grande. C’est une façon détendue de croiser des gens et de discuter des films avec les collègues. Et vous avez d’autre part une communauté de cinéphiles passionnés qui attendent une programmation exigeante, donc des films de grande qualité. Le Locarno Film Festival est une combinaison exceptionnelle, rare, qui allie une grande exigence intellectuelle à un plaisir des sens puissant. C’est le mieux que l’on puisse attendre de la vie ! », s’enthousiasme la Française Lili Hinstin, qui dirige le Festival depuis 2019.

La Piazza Grande a Locarno, site du Locarno Film Festival/The Piazza Grande in Locarno, location of the Locarno Film Festival. (Photo: Office du Tourisme du Tessin)

Comment expliquer le prestige du Locarno Film Festival, l’un des plus exigeants d’Europe ? « Pour les auteurs radicaux, le Festival de Locarno est un peu leur maison. Ce n’est qu’à Locarno que certains films peuvent être bien lancés. Ce festival de grande envergure a une renommée internationale de haut niveau, qui signifie une garantie de couverture de presse internationale importante. Pour des auteurs moins portés sur cette exigence radicale, montrer un film sur la Piazza Grande est un moment unique, une expérience incomparable. Les cinéastes, acteurs et actrices m’ont dit garder un très bon souvenir de leur passage à Locarno », précise Lili Hinstin.

Pour sa directrice, le Festival de Locarno est également un lieu incontournable pour les dirigeants politiques, les diplomates et les représentants du monde de la finance helvétique. « Il est devenu une sorte de rentrée professionnelle à ne pas manquer pour beaucoup de gens, une façon de se voir tous, en douceur, avant la fin de l’été. Et pour la branche de l’industrie du cinéma, le Festival est capital ».

Comme de nombreux organisateurs d’activités culturelles, la direction du Locarno Film Festival a fait face aux règles sanitaires dues à la pandémie du coronavirus. « Nous avons adapté le Festival pour ne pas renoncer à l’organiser cette année. Nous nous sommes demandés comment continuer à exercer notre rôle dans des conditions radicalement différentes. Notre but étant de lancer une œuvre, aider à son accouchement et faire en sorte qu’elle existe dans les meilleures conditions, afin qu’elle rencontre le public, la presse et les représentants de l’industrie du cinéma qui vont aider le film à circuler et donner un coup de pouce à l’auteur pour qu’il ou elle puisse éventuellement financer son prochain film », déclare Lili Hinstin, en me recevant dans son bureau.

Le public peut découvrir les points forts de cette édition sur le Site du Festival de Locarno :

L’importance étant de mettre en valeur une articulation entre l’expérience de propositions en ligne et interaction avec le public. « Parviendrons-nous à toucher des spectateurs qui habitent très loin ?  Que va-t-il se passer ici à Locarno, avec la réouverture des salles de cinéma ? », questions que Lili Hinstin et son équipe se posent, tout comme Marco Solari, le président du Festival.

Lili Hinstin, Marco Solari et deux collaborateurs du Festival. (Photo: Locarno Film Festival)

L’impact du Festival de Locarno pour le Tessin

« Le Locarno Film Festival a un impact énorme sur le territoire régional et local, tant sur le plan culturel qu’économique. C’est un événement international financé principalement par la Confédération, en particulier par le Département fédéral de l’intérieur (DFI), le Canton, la Ville du Locarno, les Communes de la région de Locarno et des sponsors privés. Nous recevons aussi une importante somme de la part du Département fédéral des affaires étrangères pour réaliser chaque année un programme commun avec la Direction du développement et de la coopération (DCC) », affirme Marco Solari, en répondant par écrit à Global Geneva.

Le Locarno Film Festival est donc un événement essentiel pour le tourisme au Tessin. « D’une part, il s’appuie sur de solides collaborations avec des partenaires locaux et suisses, et d’autre part, il jouit d’une réputation internationale de très haut niveau. Pendant les onze jours du mois d’août, la Ville du Locarno devient le point de rencontre d’importants invités nationaux et internationaux. Ce n’est pas un hasard si la Piazza Grande avec le grand écran figure également sur le billet de 20 francs suisses. C’est pour nous un grand honneur, car c’est une reconnaissance symbolique du travail que le Festival accomplit chaque année pour la région, en termes de rendement économique et d’image. Nous travaillons bien sûr en tenant compte des intérêts du Tessin, comme le montrent par exemple les nombreuses initiatives destinées aux jeunes. En même temps, bien que le Festival ait des racines solides au Tessin et en Suisse, nous essayons toujours de nous tourner vers le monde », ajoute l’homme qui a dirigé l’Office de Tourisme de son canton pendant de nombreuses années.  

Les rôles de Lili Hinstin et de Marco Solari sont complémentaires. « Le Président d’un Festival doit veiller à ce que sa direction artistique puisse travailler en toute liberté et de manière autonome par rapport aux logiques politiques, financières et économiques. Il doit veiller à ce que le cadre général du Festival soit idéal pour que la direction artistique, en étroite collaboration avec la direction opérationnelle, puisse faire les choix qu’elle estime justes, il doit soutenir leurs initiatives et leur travail, en ayant toujours aussi un œil vigilant sur les finances».

Marco Solari, le président du Festival. (Photo: Locarno Film Festival)

Passionné de littérature et de cinéma, Marco Solari a fait face à la Covid-19 non sans émotion. « J’ai vécu cette pandémie de plein fouet, notamment parce qu’elle m’a touché personnellement de manière très dure. Ce furent des journées difficiles et intenses, au cours desquelles je me suis senti proche dans mes pensées de ceux qui souffrent encore et de ceux qui ont perdu des parents et des amis proches. Je suis plein de gratitude pour les médecins, les infirmières et les infirmiers, le personnel soignant et les aides-soignants des hôpitaux tessinois. Et il a certainement été très difficile de prendre la décision d’annuler le Locarno Film Festival, mais suite aux règlements émis par le conseil fédéral, il nous aurait été impossible d’organiser un événement de ce niveau dans sa forme canonique ».

Lili Hinstin et Marco Solari ont donc opté pour une version alternative du Festival, Locarno 2020 – For the Future of Films. « Une édition hybride composée d’événements numériques et de projections physiques dans trois salles de Locarno, qui respectera bien sûr les règles sanitaires fixées par le Canton et la Confédération au moment où elles se dérouleront. Locarno 2020 se développera grâce à diverses initiatives nouvelles et solidaires, comme The Films After Tomorrow, un concours consacré aux projets de longs-métrages inachevés en raison de la crise sanitaire. Mais il y aura aussi quelques “classiques” du Festival, comme la sélection de courts métrages des Pardi di domani et les films d’Open Doors, qui seront présentés en ligne et en version physique à Locarno. Et bien plus encore », promet le président du Locarno Film Festival.

Luisa Ballin est une journaliste Italo-suisse qui collabore régulièrement avec le magazine Global Geneva. 

Italo-Swiss journalist Luisa Ballin is a contributing editor of Global Geneva magazine.

La deuxième partie de ce reportage sur le Tessin sera publiée à la mi-août. Elle fera la part belle à Mario Botta, l’architecte suisse de renommée internationale que Global Geneva a rencontré dans son agence à Mendrisio. Le bâtisseur de la cathédrale d’Evry et autres édifices sacrés évoquera notamment l’une de ses œuvres récentes les plus emblématiques :  Fiore di pietra (Fleur de pierre) conçue sur la crête du Monte Generoso.

Ce reportage a bénéficié du soutien de Ticino Turismo et de Suisse Tourisme.

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