Roberto Benzi.

ÉDITION FRANÇAISE: Quelle est la relation entre l’Orchestre des Nations que vous avez fondé et l’ONU ?

Nous ne sommes pas l’orchestre de l’ONU. Nous sommes proches de ses valeurs et nous avons un contact privilégié avec les Nations Unies. L’Orchestre des Nations (ODN), ONG indépendante, est un pont entre la Genève internationale et la Genève locale.

Vous allez partager le podium avec le chef d’orchestre italien Roberto Benzi. Allez-vous être deux à diriger ?

Roberto Benzi va diriger la première partie du concert, la Symphonie n°6 dite La Pastorale de Beethoven, et, après l’entracte, je dirigerai la deuxième partie du concert composée de musiques de films. C’est unique, car on ne voit jamais un concert être dirigé par deux chefs. Nous arrivons à le faire parce que nous sommes dans un degré d’amitié l’un pour l’autre et d’admiration mutuelle qui fait que nous n’avons pas de problème d’égo, d’ombre ou de concurrence de l’un par rapport à l’autre.

Pourquoi avez-vous invité Roberto Benzi ?

Lorsque j’ai imaginé et créé notre orchestre, j’ai souhaité inviter des solistes de haut niveau. Cela faisait longtemps que je voulais que Roberto s’approche de notre orchestre. Il est bien plus que mon professeur, il est comme un deuxième père pour moi, un ami, un mentor. Il jouit d’un immense prestige et c’est un honneur de l’avoir avec nous pour le dixième anniversaire de l’orchestre !

Antoine Marguier.

Est-ce difficile pour les musiciennes et musiciens d’être dirigés par deux chefs différents lors d’un même concert ?

Nous allons voir ! Je pense qu’effectivement ce n’est pas facile, ni aisé, car l’histoire entre un chef d’orchestre et les musiciens est une affaire de tuning. Le chef doit s’habituer à l’orchestre et vice-versa. J’ai eu une répétition après la sienne, et j’ai constaté que les réflexes des musiciens étaient différents. Roberto Benzi apporte une patte et une manière de réagir différentes.

Comment recrutez-vous les musiciennes et musiciens de l’Orchestre des Nations ?

La porte est ouverte à tous les musiciens et toutes les musiciennes de toutes générations et provenances. Les musiciennes et musiciens ne viennent pas uniquement des organisations internationales. Nous avons des gens de partout : de Genève, du canton de Vaud, de la France voisine, de la Genève internationale. Ils nous envoient une petite vidéo, cela nous aide pour la sélection. Une dizaine de nationalités se côtoient. Notre orchestre a atteint un bon niveau et se rajeunit d’année en année.

Combien de musiciennes et musiciens seront sur scène pour le concert du Victoria Hall ?

Une soixantaine.

Quel est votre défi après ces dix premières années ?

Le défi est de poursuivre notre progression, de maintenir le standing. Je suis fier de ce qui a été fait depuis que nous sommes partis de zéro. J’ai beaucoup travaillé pour que l’orchestre progresse et continue de jouer dans des grandes salles. L’autre défi est de trouver un financement pour professionnaliser le fonctionnement de cet orchestre qui regroupe des musiciens amateurs. Il faut un cadre professionnel pour le faire fonctionner au mieux, car, au bout d’un moment, le bénévolat a ses limites. J’aimerais aussi emmener l’orchestre dans des tournées à l’étranger et faire ainsi rayonner Genève à travers la musique, ce langage universel puissant.

Et musicalement, que souhaitez-vous ?

Notre défi est aussi de ne pas nous intéresser seulement à la musique occidentale, car il n’y a pas que Schubert et Tchaïkovski. Il y a aussi toutes celles et ceux qui jouent de la musique venue d’ailleurs qu’il est important d’associer à l’ODN.

Qui soutient l’Orchestre des Nations ?

La Ville de Genève nous met à disposition le Victoria Hall. Et, pour la première fois, nous avons obtenu un soutien de la Loterie romande pour le dixième anniversaire. C’est important. Nous voudrions engager une personne qui puisse travailler avec l’ODN d’une façon permanente. Et j’aimerais également solidifier le pont qu’est l’Orchestre des Nations entre la Genève internationale et la Genève locale.

Informations :

Concert : Vendredi 2 septembre, à 20h00 – Victoria Hall de Genève

Symphonie n°6 La Pastorale de Ludwig van Beethoven et musiques de films

Orchestre des Nations dirigé par Roberto Benzi et Antoine Marguier

Contacts :
Zahi Haddad, One Million Claps, Associé : zahi@onemillionclaps.com / +41 (0) 79 733 23 93
Orchestre des Nations : orchestredesnations.com, Facebook, Instagram, LinkedIn

Billetterie : https://www.ville-ge.ch/culture/victoria_hall/agenda.html

Luisa Ballin est une journaliste Italo-suisse qui collabore régulièrement avec le magazine Global Geneva.

Italo-Swiss journalist Luisa Ballin is a contributing editor of Global Geneva magazine.

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